Aaaaaaaaaaaaaarg ! C’était évident que le crash n’était pas loin ! Pas de surprise !
Quoi ? Je me plains encore ? Absolument. Mais, ici, j’ai le droit. C’est même un peu le concept. Rappelez vous.
Lundi
Cela faisait une éternité que je ne m’étais pas levée aussi tard. Visiblement, mes bonbons roses et moi avons décidé que, faute de régler les problèmes, nous allions au moins dormir dessus.
Et puis 08:08 est apparue avec une signification parfaitement raccord avec le bordel du moment…
Quoi ? CHAT pilote ma vie et me sert exactement les réponses que j’ai envie d’entendre ? Possible. Mais si j’ai décidé d’être un mouton (pardon, une brebis), merci de me laisser gambader tranquillement avec le troupeau si je veux.


Il va vraiment falloir que je creuse cette histoire de dysphorie sensible au rejet. Que je comprenne enfin ce qui se passe en moi et, surtout, que je trouve des solutions. On a longtemps parler d’hypersensibilité. Certes. Mais cette douleur est là depuis aussi loin que remontent mes souvenirs. Elle empoisonne ma vie, déborde sur celle de mon entourage… et Jul, évidemment, se retrouve bien trop souvent en première ligne. J’ai maintenant besoin d’agir.

Bon, malgré tout ça, j’ai quand même réussi à avancer.

Jul, émerveillé : « T’as vu ? Il y a des dessins dans la pastèque ! »
Ah oui, effectivement…

Perchée sur le mur, la panthère veille à ce que rien ne bouge dans le jardin.

Jul s’est couché à 20 h 10… J’ai erré quelques minutes à la recherche d’un sens à ma soirée. avant de finir dans le hamac.

La drôle de lumière du soir…


Il fait encore chaud, non ? Au point de ne plus savoir où se mettre pour apaiser à la fois le corps et l’esprit.

Mardi
Guère mieux…
Heureusement, I est passée en fin de matinée pour papoter. Une belle mise à jour sur fond de voyage norvégien.
Oui, j’ai mangé la moitié de sa croustade. Parce que lui expliquer que plus rien ne passait me semblait encore plus compliqué que de l’avaler.

Mercredi
07:07. L’heure miroir de l’introspection, de l’intuition et du chemin que l’on finit par retrouver. Le programme paraît simple : comprendre, choisir… puis avancer.
Très joli sur le papier. Dans la réalité, je suis souvent encore bloquée à « comprendre », avec une tente, un duvet et probablement l’intention d’y passer l’hiver. Et tout le monde sait à quel point j’aime le camping.

Le mercredi à 07:07, c’est aussi l’heure du résumé de la semaine précédente. Inutile de vous rappeler à quel point elle était chaotique… Cette semaine semble bien décidée à faire encore mieux !

Encore la RSD. Encore une charmante fantaisie de mon cerveau « atypique »… Certains diront différent, d’autres défaillant. Moi, je dirais surtout épuisant.

Bon, cette fois, je crois qu’il va vraiment falloir agir. Je l’aime d’amour cette pince et elle partage ma vie depuis si longtemps… Mais voilà qu’elle a décidé de se mutiler pour mieux me quitter. D’abord, c’est mon histoire, j’y mets la tragédie que je veux.

Thé Cosy pour les Blondes.
J’étais la première arrivée… et le petit-déjeuner nous a été adorablement offert.


Après les clés qui jouent à cache-cache, voici maintenant le rétroviseur droit qui refuse de sortir. Évidemment, j’ai dû appeler Jul, qui m’avait pourtant déjà expliqué la marche à suivre.
Mais pourquoi retenir une information utile quand mon cerveau peut conserver une quantité phénoménale de détails parfaitement inutiles et toxiques ? Pfff… C’est insupportable.

Jour d’éclipse. Ça aurait pu être un événement. Un pique-nique improvisé, une parenthèse un peu magique, quelque chose d’exceptionnel au milieu du reste. Mais non. Chez nous, aucune excitation. Rien.
Il faut dire que je n’ai compris que la veille que l’éclipse était imminente. Que Jul se levait à 4 h. Et que, surtout, deux rivières semblaient avoir élu domicile sur mes joues.
Parce qu’on a dépassé le stade de Jenny Pouf racontant de la merde dans mon oreille droite. Les vieux démons sont revenus. Les vrais. Les dégueulasses, avec leur haleine fétide et leurs mains sales qui tirent inexorablement vers les bas-fonds.
J’ai du laissé la porte de leur cage entrouverte. Maintenant, je lutte pour la refermer. Ce n’est pas très glorieux, mais je fais le travail. Du mieux que je peux, avec ce qu’il me reste de forces.
Alors, pas d’éclipse pour nous. Jul a tout de même sorti son masque à souder. Moi, je n’ai même pas cherché les fameuses lunettes. Le spectacle était ailleurs, et nettement moins joli.



De toute façon, le Soleil et la Lune ont très vite poursuivi leur petite affaire derrière le toit du voisin. Fin du spectacle pour nous.

J’ai tenté de suivre la baisse de luminosité… mais bof. Ce n’était pas si flagrant. Seuls les oiseaux ont arrêté de chanter. Mais comme c’était le soir, ils n’ont pas recommencé




Jeudi
Mes rituels du matin, histoire d’entretenir les quelques neurones qui acceptent encore de collaborer.


J’ai quand même bien avancé. Parce que, contrairement aux apparences, je ne passe pas mes journées à pleurer, râler et contempler mon nombril. Je travaille aussi. Beaucoup, même.

12 h 05… Deux mois de chaleur et mes nerfs commencent doucement à fondre avec le reste. J’ai beau me répéter que c’est l’été, qu’on n’y peut rien, que tout le monde est logé à la même enseigne… et que Jul, lui, bosse dehors tous les jours pendant que Madame se pavane au salon de thé. Oui, je pense à lui, entre deux glaces !
Bref, ça tire sévèrement sur la corde.

Bon, allez, il faut essayer de manger. Quelque chose de frais, peut-être ? Ça devrait passer, le frais…
Ah ben non. Même pas.

Et évidemment, une migraine comme je n’en avais pas connu depuis presque dix ans. Je l’avais bien sentie arriver, mais je n’ai pas identifié ni traité les premiers signes suffisamment vite. Il ne restait donc plus que le système D.
Il va vraiment falloir que j’aille chez Action acheter un « casque anti-migraine ». Au moins, l’eau glacée arrêtera de dégouliner dans mon cou.

Notre dîner du Mardi a été décalé au Jeudi.
Avoir Raph et Emmy près de moi me fait du bien. Ça passe toujours trop vite, mais je prends tout ce qu’il y a à prendre.


21h32…

Vendredi
Une nuit de merde… mais vraiment de merde ! Réveillée toutes les heures. Rien n’y a fait. J’ai même tenté de changer de lit.
Rien. Que dalle.
Et ma tête au réveil… Tu m’étonnes que je sois épuisée après ça.


J’ai fini dans le hamac. Heureusement, deux étoiles filantes sont venues sauver un peu la nuit. Deux étoiles, deux vœux…
Même si, je l’avoue, j’ai quelques doutes sur leurs chances de se réaliser.
« Évidemment, si tu n’y crois pas, ça ne risque pas de fonctionner ! »
Oui, bon… Je fais ce que je peux avec l’optimisme qu’il me reste, hein ?


Alice a eu une excellente idée :
« Maman, pourquoi tu ne partirais pas faire une cure au bord de la mer ? Ça te ferait du bien ! »
Brillante idée. Je me renseigne et découvre que mon ALD peut permettre la prise en charge des soins. Pour une fois que ce machin peut m’offrir autre chose que des rendez-vous avec le Dr F, je prends.
Encore mieux : une cure près de Royan semble parfaitement me convenir. La mer, les soins, le repos… Je commençais presque à sentir l’air marin.
Et puis j’ai regardé le prix des hébergements.
Fin du bruit des vagues. Retour immédiat sur Terre. Et sans remboursement, cette fois.
Désillusion…


J’ai regardé les autres cures. Verdict : les prix sont à peine moins indécents et, en plus, il n’y a même pas la mer. Je sais bien que mon budget ne m’autorise pas exactement à jouer les princesses, mais quitte à passer trois semaines quelque part, je n’ai aucune envie de crapahuter dans la montagne en faisant semblant de trouver ça formidable.
Oui, oui, il faut se laisser surprendre par la vie, sortir de sa zone de confort, remercier l’univers et gna gna gna… Mais l’univers peut aller méditer ailleurs : je suis fatiguée. Moi, je veux tremper mes pieds dans la mer. Cure ou pas cure. Mais ce n’est visiblement pas encore au programme.
La veille, Jul avait posé une côte de bœuf sur le barbecue. Mon plat préféré. J’en ai à peine grignoté l’os, comme un petit animal triste.
Ne plus avoir envie de manger, ça fait gagner un temps fou : rien à préparer, presque rien à avaler et trois miettes à ranger. Une organisation redoutablement efficace. Dommage que ce soit aussi frustrant.

Oh, c’est mignon, ça dites donc ! On dirait que j’ai de nouveau 15 ans et que je refuse obstinément de ranger mon bureau. Il ne manque plus que mes chaussures jetées dessus…
Et ma petite sœur en train de fouiller dans la poubelle. Mais c’est une autre histoire…

Anniversaire à Saint-Sulpice le soir. J’ai préparé une soupe froide courgette, menthe et feta. Facile, rapide, sans cuisson : exactement le niveau d’effort compatible avec mon état actuel.
Les courgettes venaient du jardin du père d’Emmy et avaient été cueillies la veille. La menthe venait de mon propre jardin.
Pour la feta, j’envisage donc d’adopter quelques brebis et chèvres. Et tant qu’à faire, je vais planter un olivier pour produire ma propre huile.
Voilà. Encore un peu de patience et je deviendrais parfaitement autosuffisante. Locale et de saison. J’ai tout bon cette fois ?
Merde… Le poivre… J’ai pas pensé au poivre… Quelle cruche…

Petite poésie urbaine du soir…
Un propriétaire de chien a soigneusement déposé son sac à caca dans le trou d’un mur. Heureusement, ce n’est pas le mien. Visiblement, marcher jusqu’à une poubelle demandait un effort beaucoup trop important.
Mais, pas d’agacement, il faut rester calme et mesurée en toutes circonstances…
Puisque, de toute façon, la connasse de l’histoire, c’est déjà moi, j’ai bien le droit de m’énerver un peu, non ?

Encore cette drôle de lumière… Il paraît qu’elle est due aux incendies, dont les fumées arrivent jusqu’à nous.

La soirée avec les copains était évidemment très chouette. Mais à 22 h 30, Jul s’effondrait littéralement sur sa chaise. Nous sommes donc repartis avant même l’arrivée du gâteau.
Et non, prendre deux voitures n’aurait rien changé : il était bien trop fatigué pour rentrer seul.
J’ai donc fini dans le hamac, à guetter désespérément les étoiles filantes. Elles aussi avaient visiblement décidé de se coucher tôt.

Samedi
Alors ? Mon état s’améliore ? Ah non, pas du tout. C’est même de pire en pire…
Heureusement, Jul a eu l’adorable attention de passer par la boulangerie. J’ai réussi à manger la moitié d’un pain aux raisins et franchement, c’est déjà ça.
Puis Paddy a cassé mon shaker préféré. Et là.. Quand ça ne veut pas, ça ne veut vraiment pas.

L’homme heureux du samedi matin n’a plus grand-chose à voir avec celui qui s’écroulait de fatigue la veille au soir.

Cela fait plusieurs mois que je suis « @vivrea30pourcent » sur Instagram. J’aime son histoire, sa façon de la raconter et les mots qu’elle pose sur sa vie d’avant comme sur celle qu’elle tente de construire aujourd’hui.
Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, mais elle me touche.
Et puis, dans sa publication du jour, cette phrase : « M’offrir des étés qui comptent. »
Elle s’est accrochée quelque part en moi.
Parce que moi aussi, j’en veux. Des étés qui comptent. Mais aussi des automnes, des hivers et des printemps. Des saisons qui ne se contentent pas de passer, mais qui laissent quelque chose derrière elles.
Je vais méditer là-dessus. Longtemps.

Et justement, au cœur de cet été si particulier, où l’eau manque tellement, voilà qu’elle se met à tomber autant du ciel que de mes yeux.

Et cette fois, ce n’est vraiment pas pour de faux !
Résultat : quelques degrés de moins, enfin… Mais pour le reste, rien n’a changé.
Dimanche
Alors non, ce n’était finalement pas tout. Mon état avait encore réussi à empirer. Oui, c’était donc possible. J’ai de la ressource. Au point qu’on a même prononcé le mot « Urgences »…
Alors Jul a appliqué son protocole habituel dans pareil cas : quand je sombre et que le ciel nous en laisse la possibilité, il sort la moto, me charge derrière lui et tente de semer mes démons sur la route.

Direction Penne. Nous allons toujours à Saint-Antonin, à Puycelsi ou à Bruniquel, mais jamais à Penne.
Alors, zou ! J’ai tout de même demandé à Jul l’autorisation de faire des photos. Il a levé les yeux au ciel et répondu : « Évidemment. » Comme si la question était parfaitement ridicule.
Elle l’était.
Voici donc le résultat :




La vue était belle depuis la terrasse du resto.
Côté repas, j’ai mangé les trois petits morceaux posés sur le dessus.
Une performance, puisque tout a désormais un goût de plus en plus douteux dans ma bouche. Je n’ai même pas réussi à finir ma glace. Ma glace ! C’est dire la gravité de la situation.
Je vous rassure : toujours aucun effet sur la balance. Mon corps doit avoir suffisamment de ressources pour ne pas encore puiser dans ses grosses réserves.





Petit détour par Saint-Antonin. Dans l’église, un pull semblait avoir été oublié sur un banc. Sauf que le pull respirait. Nous avons laissé ce très sérieux gardien des lieux terminer tranquillement sa sieste. Alice l’a baptisé Frère Moustache.


Et si vous en voulez encore un peu, le reste vous attend juste ici :
Et voilà pour cette semaine 33.
J’aimerais pouvoir vous dire que la moto, Penne, les vieilles pierres et Frère Moustache ont tout réparé. Ce serait une jolie conclusion. Ce serait surtout faux.
Le crash est toujours là, toujours plus profond. Les larmes sont toujours aussi nombreuses. Manger reste compliqué, mais c’est bien le moindre de mes soucis.
Le plus grave, c’est que mes vieux démons n’ont pas encore regagné leur cage et qu’ils me dévorent le cerveau, petit à petit.
La suite devra passer par des solutions plus radicales et probablement une aide chimique conséquente. Parce que tenir du mieux que je peux, c’est bien. Mais retrouver des saisons qui comptent, ce serait encore mieux. Et c’est mon but.
Alors, rendez-vous la semaine prochaine. Avec, je l’espère, un peu moins d’humidité, un peu plus de légèreté et toujours beaucoup trop de photos.
Prenez soin de vous.
Je vous embrasse fort.
Je vous aime.
Et, encore une fois, merci d’être là.