Me féliciter d’avoir eu une bonne idée.

Non, mais n’importe quoi ! Je ne fais plus aucune publication ici en dehors des résumés de la semaine depuis des lustres, et d’un coup, je m’autofélicite pour mes idées lumineuses ! N’importe quoi ! 

Tout doux bijou, qu’on se rassure, je sais très bien ce que je fais (et pourquoi je le fais). Je n’ai pas brusquement une plus haute opinion de moi-même. Ma tête et mes chevilles vont bien, merci. Je n’ai constaté aucun gonflement suspect. L’hypertrophie de mon cul n’a rien à voir avec ça.

En fait, ça fait un moment déjà que ça me trotte dans le crâne, mais aujourd’hui il m’a semblé essentiel que je pose ici, et en détail, des mots sur le Clan des Blondes et de l’importance qu’il a dans ma vie.

Vous le savez, ou pas d’ailleurs, mais j’aime vivre en tribu. Depuis le lycée, je survis entourée d’amis précieux. Et j’adore ça. Les sentir proches de moi me sécurise, me permet d’avancer. Au fil du temps, évidemment certains ont quitté le navire, d’autres sont arrivés. Comme dans la chanson de Cloclo, ça s’en va et ça reviens, Le schéma est classique. J’avoue qu’à chaque départ, à chaque perte j’ai cru mourir d’avoir le cœur ainsi déchiré. Mais j’ai survécu. Après le Grand Cataclysme qui a donné un immense coup de Karcher dans mon entourage, une fois plus j’ai pensé ne jamais me relever. En réalité, la résilience n’est pas qu’un mot à la mode. J’ai donc autour de moi pour mon plus grand plaisir et la qualité de ma santé mentale plusieurs clans dont vous lisez les aventures chaque semaine et qui m’ont littéralement sauvé la vie un peu malgré eux. Le Clan des Blondes est l’un d’eux.

Situons un brin les choses : à la fin de l’été dernier, lors d’une soirée, nous étions 3 blondes de cheveux assises ensemble discutant d’une problématique que nous avions en commun. D’un peu plus loin, une brune, si je me souviens bien, nous avait interpellé « Et elles en pensent quoi le Clan des Blondes ? ». Je ne me rappelle pas de notre réponse ni même de la question d’ailleurs… J’ai juste gardé ce truc de « Clan des Blondes ». Qui a fait son chemin depuis dans un coin de ma tête. 

En septembre, pas de « rentrée » prévue pour les Blondes. Elles avaient besoin d’introspections et de donner du sens aux choses avant de revenir dans le circuit. Du reste avaient-elles vraiment envie d’y retourner ? Et puis quel circuit ? Mais c’est une autre histoire. Donc, c’est là que mon idée a germé. Pourquoi ne pas nous retrouver entre blondes chaque semaine pour boire un café, refaire le monde, et tenter de le chopper ce satané sens de la vie… En cherchant à plusieurs, on serait peut-être plus efficace.

Le temps de s’organiser, de trouver un lieu « neutre » pour nous obliger à sortir de nos quotidiens (l’Atelier à Saint-Sulpice pour ne pas le citer), d’inviter d’autres «blondes» même pas blondes, dont un homme, et nous étions sans le savoir encore au début d’une belle histoire.

Parce que voilà, ce Clan des Blondes est devenu indispensable à notre équilibre. Sa régularité, tous les mercredis, la fidélité à ce rendez-vous nous stabilisent. Doucement, les plus réservés se livrent, les plus expressives n’hésitent pas à confier le fond de leur pensée sans en faire des caisses. Les masques tombent pour le meilleur et jamais le pire. Chacune écoute, encourage, comprend, argumente, ne juge jamais, dédramatise souvent.

Pas de sujet tabou, entre écologie, éducation, psychologie, mais aussi fringues, manucures et Julien Doré. La liste n’est pas exhaustive et jamais prévue à l’avance. Nous abordons tous (et approfondissons parfois) les thèmes. Avec peut-être plus de liberté qu’avec nos thérapeutes respectifs ou nos conjoints. Nous nous rassurons également. Nous sommes à la fois très différentes, mais tellement semblables. À certains moments, il n’est pas même nécessaire de parler pour que les autres comprennent. Et pourtant le réconfort vient sans même que le truc qui coince ne soit évoqué.

Vous avez une question ? Je vous écoute. Le Clan des Blondes, ce n’est pas un peu sexiste ou connoté quand même ? Ben non même pas ! Les hommes ne sont pas diabolisés. Difficile, l’un d’eux est parmi nous. Mais du coup, ses observations, sa vision des choses apportent un éclairage différent et important. Et puis nous n’avons plus 15 ans et le mythe du Prince Charmant a pris du plomb dans l’aile. Nous connaissons bien les hommes de nos vies avec leurs forces, leurs qualités et leurs défauts. Nous savons leurs limites et les nôtres. De plus, ce n’est pas parce que nous sommes blondes que nos cerveaux se réduisent à la taille d’un petit pois. Alors blondes, oui ! Cruche, non !

Est-ce que nous disons du mal parfois ? Et bien, pas du tout en fait. Encore que je suis sûre que bien énervées, nous en serions parfaitement capables. Lorsqu’il y a matière, nous constatons, nous partageons nos émotions plus que nous tapons sur l’ambulance. Par contre, soyons clairs, faudrait pas nous pousser trop loin dans nos retranchements. N’oublions pas que dauber sur notre prochain est dans notre tempérament profond et que justement le naturel revient au galop quand nous envoyons la bienveillance se faire cuire un œuf ailleurs. Blondes nous sommes quand même.

Oui vous, la personne qui lève la main au fond, je vous écoute ! Pourquoi évoquer cela maintenant ? Effectivement, pourquoi ai-je eu envie de parler de ces mercredis matin ici d’un coup d’un seul ? Et bien, c’est parce que ce mercredi, je suis arrivée au rendez-vous avec de la merde dans ma tête (dedans, pas dessus, mes cheveux étaient propres, m’enfin). Des idées tournaient et tourbillonnaient encore, m’affaiblissant petit à petit. Je ressentais mes démons endormis depuis quelques semaines, bailler et s’étirer, presque prêt à partir à l’assaut. La chimie habituelle n’y avait rien fait et je me sentais de plus en plus envahie. Je n’ai rien dit, mais ça s’est vu sur ma tronche. Les larmes sont montées toutes seules, comme d’habitude. Certaines ont même coulé, mais à peine, parce qu’en quelques mots, quelques regards bienveillants, une main posée sur mon bras, le nœud s’est défait comme par magie. Les idées pourries ont disparu dans un nuage de fumé. Les démons se sont roulés en boule sur eux-mêmes et se sont rendormis. Je suis repartie plus légère et même joyeuse. Forte de leur soutien, de leur présence, de leur affection. Sur le chemin du retour, je me suis surprise à chanter malgré le passage à niveau fermé. 

Alors, voilà, c’est ça le Clan des Blondes. C’est ça l’amitié, la sororité, l’entraide. Moi qui croyais ne plus jamais vivre cela. Chaque jour, j’apprends à aimer et à accepter d’être aimé. Oui oui, à 51 ans, passés. Ce mercredi, nous sommes deux à être restés un plus tard qu’habituellement. On n’avait pas fini de se parler et peut-être on n’avait pas envie que ça s’arrête déjà. À un moment, J a dit : « Tu sais, tu peux te féliciter d’avoir créé ce groupe ! » Après un peu d’hésitation, j’ai admis que j’avais réussi un truc…OK, OK. Donc, je m’applaudis d’être à l’origine du projet. Il n’y a pas de petite victoire et il faut célébrer tous nos succès, toussa, toussa. Re OK. Sauf que sans les autres Blondes, ce clan n’aurait pas de raison d’être (d’ailleurs, les absents du jour nous ont manqués). Après tout, la mayonnaise aurai très bien pu ne pas prendre. Chacune, et chacun, d’entre nous donne sa contribution dans l’affaire. Alors, voilà, je glorifie ici notre collectif et l’espoir qu’il nous apporte chaque semaine. Un jour peut-être je vous parlerai des autres clans de ma vie qui ont tous leur importance et leur magie.

Je vous remercie d’avoir eu le courage de lire cet article jusqu’au bout et je vous souhaite plein de Blondes dans votre vie.

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