Semaine 19 de 2026

Parfois, la vie nous laisse quelques jours suspendus.
Comme si le temps décidait enfin de ralentir pour de vrai.

On s’y habitue très vite, à cette douceur-là. Beaucoup trop vite même.
Alors forcément, quand tout reprend son rythme habituel, le choc est un peu brutal.

Heureusement, il reste les souvenirs.
Quelques images précieusement stockées dans un coin du cœur (même si cette phrase, voir toute cette intro, mériteraientt probablement d’être interdites par la police du cliché).

Bref.
Prenez un café… et bienvenue dans ma semaine 19

Lundi

Prendre le temps au petit-déj. Comme si on n’avait absolument rien de plus important à faire.

Outfit du jour : complètement assumé.

Le bob. Les Crocs. L’épuisette vert fluo en accessoire principal.

À ce stade, ce n’est plus une tenue. C’est un véritable art de vivre.

J’ai tenté une activité créative. Du coloriage. Oui madame. Étonnant ?

Mais sans les petits chiffres pour me dire quoi faire, je découvre que mon autonomie artistique reste très relative.

Bon… j’ai travaillé aussi, hein. En vacances, mais pas tout à fait.

Voici donc notre vision très personnelle du rangement de chaussures. Une organisation libre. Vivante. Presque artistique, finalement. Et encore… vous n’avez pas vu l’état des lieux en fin de semaine.

Pendant que certains faisaient du coloriage ou organisaient artistiquement leurs chaussures, Alice, elle, travaillait vraiment.

Un colloque à préparer pour le lendemain. Rien que ça. Et le stress qui va avec.

Pendant que l’équipe des pêcheurs partait explorer les plages armée d’épuisettes et d’enthousiasme, Jul et moi avons assumé notre mission essentielle : le ravitaillement.

Parce qu’il faut bien nourrir tout ce petit monde.

Quand nous sommes revenus… elle était exactement au même endroit. Ma photo est belle…

Notre moisson : des tomates énormes, du beurre de l’Île de Ré, une baguette encore tiède et quelques feuilles de salade.
Honnêtement, il n’en fallait pas beaucoup plus pour être heureux.

Voici donc le résultat officiel de l’expédition maritime. Un seau rempli de petites créatures marines observées avec fascination pendant approximativement douze minutes… avant d’être relâchées avec les honneurs.

Cette photo me donne des airs de sainte patronne des vacances en tribu. On dirait une scène de tableau ancien : “Sainte Virginie observant sa famille avant le dessert.”

Surprise hyper régressive au dessert. Quelques boîtes de Mont Blanc sur la table… et soudain, tout le monde avait à nouveau huit ans.

Après une sieste absolument nécessaire, direction les marais salants.

Des paysages immenses, calmes, presque irréels par moments.

Et puis des oiseaux. Partout.

Encore une démonstration très personnelle de notre rapport au rangement. Cette maison était pourtant pensée autour du minimalisme, du calme et du désencombrement. Résultat : au bout de trois jours, nous faisions sécher nos vêtements au milieu de la cuisine.

Et enfin, les pieds dans l’eau. Mon graal ultime.

Alice était restée enfermé toute la journée. Elle avait besoin d’air. Et puis on avait emmené les cerfs-volants.

Des couleurs dans le ciel, du vent plein les mains… et cette étrange sensation que tout était exactement à sa place.

Tout ça dans une lumière sublime.

J’en ai profité pour refaire cette photo, treize ans plus tard.

Bref… probablement l’un des moments les plus doux du monde. J’en ai eu les larmes (de joie) aux yeux.

Avec un coucher de soleil en prime.

Je crois que les souvenirs se fabriquent exactement comme ça.

Mardi

Parmi les trésors de la maison : un sac entier de Kapla.

Jul s’est immédiatement lancé dans des constructions d’une importance manifestement capitale.
Jour et nuit, ou presque.

Les tartines d’Emmy.

Nous avons quitté la maison pour laisser Alice participer à son colloque au calme.

De mon côté : vélo électrique. Parce que l’effort, oui… mais avec modération.

Et en face, Raph et Emmy avaient choisi l’option tandem. Un choix courageux. Ou inconscient. On hésite encore. Mais ils ont énormément ri. Et finalement, c’était probablement le plus important.

Direction le Phare des Baleines.

Je n’ai toujours pas vérifié s’il y avait réellement des baleines dans le secteur, mais le nom vend du rêve.

En tout cas… nous, on n’en a pas vu.

Déjeuner local et de saison.

Puis exploration des alentours.

On était au bout du monde, donc : nous avons pris un moment pour envoyer collectivement toute notre tendresse diplomatique à Trump.

Je sens bien que le quota légal de selfies de cet article a probablement été dépassé depuis longtemps. Mais je fais ce que je veux.

Glace ! C’est les vacances !

Ils avaient un parfum huître… Je n’ai pas osé. J’ai pris yaourt et stracciatella, beaucoup plus classiques.

Les p’tites n’églises sur le chemin du retour.

23 kilomètres plus tard…
aucune souffrance fessière à déclarer. J’adore le vélo électrique.

Information importante : je ne suis pas cette personne “jeux de société”. Je participe par amour. Ou sous pression affective, selon les moments. Cette fois, je me suis laissée entraîner.
On a ri pendant des heures. Et contre toute attente… je n’ai même pas perdu.

Mercredi

Aïe… la pluie…

Puisqu’il pleuvait, autant être productive. J’en ai profité pour terminer la rédaction de l’article de la semaine précédente. Oui en retard, mais c’était les vacances ne l’oublions pas.

Jul est arrivé en panique totale. Le puzzle de sa chambre venait de tomber. Un chaos de toutes petites pièces. Les enfants se sont immédiatement mis en mission sauvetage. Ils ont réussis

L’article “Semaine 18” est en ligne, donc.

Et hop, on repart !

Raph et Emmy avaient troqué le tandem contre un petit bolide électrique absolument incontrôlable.

Quelques minutes plus tard, alors qu’ils traversaient un champ à pleine vitesse, je demande à Alice : “Tu les vois ? Tu les vois ?”

Réponse très rassurante : « Oui, oui, t’inquiète pas, je les vois ! … Ah non. Je les vois plus. Je vais voir…”

Ils avaient chuté quelque part dans les hautes herbes.
Aucun blessé, mais une scène manifestement hilarante vu le niveau de fou rire au retour.

Bref, ça se mérite. 21 kilomètres plus tard, avec la pluie en guest star et le vent qui essayait clairement de nous renvoyer chez nous, nous étions toujours là.

Et franchement, le vélo électrique est peut-être l’une des meilleures inventions de l’humanité après le grille-pain et les vacances hors saison et le clan des Blondes.

Le but de cette épopée : Saint-Martin-de-Ré.

Ravitaillement au chaud.
J’ai même demandé un plaid… alors que nous étions à l’intérieur du restaurant.

Et nous avons repris le chemin du retour. Il fallait être rentrés à l’heure pour rendre les vélos. Au départ, on l’a joué balade et puis…

Et puis d’un coup, il a fallu nettement accélérer. L’horloge allait plus vite que nous.

Alors nous avons fait deux équipes : Alice, le Chat et Jul ont pris leur temps…
et avec Raph et Emmy, nous avons passé la seconde pour rouler à Mach 12 à travers les marais. Et les nuées de moucherons…
Je crois que j’en ai mangé quelques-uns. Et je crois aussi que je n’ai jamais roulé aussi vite de ma vie.

Bon… même dans une course contre la montre, il fallait évidemment que je m’arrête pour faire deux ou trois photos.

Le sens des priorités est un concept très relatif chez moi.

Nous avons fini par arriver à temps. Essoufflés, décoiffés, légèrement traumatisés par les moucherons… mais à temps.

Et je dois reconnaître un truc : je suis assez fière d’avoir tenu le rythme sur presque 50 kilomètres.

On parle de ma gueule ? Non…

Jeudi

Cela faisait déjà 4 jours tous ensemble. Le genre de parenthèse qui passe beaucoup trop vite. Le Chat devait repartir vers d’autres aventures (premier arrachement), alors Alice, Raph et Emmy l’ont accompagné à la gare de La Rochelle.

Ensuite chacun son programme : Raph à la salle, les filles en balade dans la ville…

Et nous, nous avons choisi l’option terrasse au soleil aux Portes-en-Ré juste en bas de la maison.

Le problème, c’est que « vin blanc à midi… sieste tout l’après-midi ».

Mais hors de question de gaspiller une éclaircie. Alors Les Portes-en-Ré encore et la plage.

Le soir, ils se sont installés autour d’une partie de Uno.

Et moi, je suis restée là, sur le canapé, spectatrice… simplement bercée par leurs rires, leurs cris de triche et leurs éclats de voix. Ce son-là apaise quelque chose très profondément en moi.

Vendredi

Petit moment de productivité : L’article bonus de la semaine a été écrit, corrigé et publié dans la foulée.
Une performance suffisamment rare pour être signalée.

On repart ? Évidemment. Cette fois avec un renfort local : P., la copine rochelaise d’Alice, officiellement intégrée à l’équipe.

Cap sur Trousse-Chemise. Probablement l’une des plus belles plages de l’île… voire la plus belle, honnêtement.

Très rapidement, mes chaussures sont devenues inutiles. L’eau était étonnamment douce. Et pendant que certains hésitaient encore à tremper les chevilles, P. s’était déjà jetée à l’eau comme si nous étions en plein mois d’août.

La biodiversité de l’Île de Ré est absolument fascinante. Ici, un petit groupe de touristes semi-sauvages profitant du soleil

Et autres faunes sauvages.

Jolis reflets.

Alice n’avait pas vu le Phare des Baleines lors de notre première expédition. Alors nous avons remis ça. Parce qu’après tout, ce n’était pas très loin.

Bon.
J’ai finalement tenté la glace parfum huître / mangue-gingembre-menthe. Oui, cette phrase existe vraiment.

Et le pire dans cette histoire, c’est que c’était incroyablement bon.

Au loin, derrière la mouette et à peu près à l’autre bout du monde, Raph et Emmy étaient partis pêcher tranquillement.

Le vent jouait dans les cheveux d’Alice.

Et les cairns… cairnaient.

Quand tout à coup, le rocher recouvert de sable sur lequel je marchais a décidé que j’étais trop lourde… glissade ridicule et genou râpé.

Encore une bonne journée.

Heureusement que j’avais mon infirmière personnelle sous la main.
Vu l’état du genou, on pouvait presque reconstituer tout le trajet du retour : sable, poussière, moucherons… 

Pendant ce temps… deux générations, deux techniques pour s’occuper.

Encore une douzaine. C’est déjà ça de pris. À ce stade, je pense que mon groupe sanguin est officiellement iodé.

LE Monopoly des vacances a enfin commencé. Raph en parlait depuis des jours avec le sérieux d’un futur investisseur immobilier.

Moi, je me suis simplement posée près d’eux… et je me suis endormie doucement. Avec cette sensation rare et précieuse : celle d’être exactement à ma place. Dans la sécurité de leur présence. Mais je me répète…

Samedi

Bon, soyons clairs : j’ai très très très mal dormi pendant tout le séjour.
Et ce matin-là, réveil encore beaucoup trop tôt. J’étais donc réveillée bien avant tout le monde.

Et dans le silence absolu de la maison, j’ai vu le soleil apparaître dans le reflet de la cheminée d’en face. Il y a des beautés qui n’existent qu’aux heures absurdes.

Jour de départ, alors rangement…
Le moment où la maison redevient une maison de location et plus tout à fait notre petit monde parallèle.

Chargement de la voiture…

Au revoir, jolie maison toute blanche. Et merci pour tout.

Allez, en route mauvaise troupe ! Il paraît que tout a une fin…

Un dernier arrêt à La Flotte-en-Ré pour retarder encore un peu le moment de quitter l’île.

On parle de la posture du père et du fils ? Je crois que certaines choses se transmettent sans même qu’on s’en rende compte.

Après ça, il y a eu le pont. Puis la gare de La Rochelle. Le moment où Alice est descendue du train des vacances pour reprendre celui de sa vraie vie.
Et moi… j’ai encore eu le cœur un peu arraché au passage.

Direction la maison, avec arrêt au stand chez BK.
La fatigue m’est tombée dessus dès les premiers kilomètres. Brutalement.

Après avoir déposé Raph et Emmy chez eux, j’ai senti les vacances se terminer pour de vrai. Nouvel arrachement.

Les larmes ont accompagné la route jusqu’à Rabastens.
Alors je me suis accrochée à cette idée : garder le positif. Ne pas oublier la douceur. Et que la tristesse est parfois juste la preuve qu’on a été heureux.

Heureusement, à l’arrivée, quelqu’un nous attendait avec un enthousiasme et une joie toute dissimulés comme d’habitude.

Et puis il restait quand même quelques douceurs.

Dimanche

Le retour à la maison a accentué la fatigue déjà monumentale. Comme si mon cerveau s’était saoulé toute la semaine au vent marin et aux huîtres et était en état de manque.

Du coup, dimanche matin : sommeil, lenteur et soleil. Le programme d’une femme au bout de sa vie… mais bronzée.

Activité de saison.

Dommages collatéraux du nettoyage de jardin.

Bon. On ne va pas se mentir : ce contre-coup est arrivé plus vite que prévu.

Je savais qu’après tant de bonheur, de rires, de bruit et de présence… le silence allait faire un peu mal. Je pensais juste avoir encore quelques heures de répit.

J’ai beau faire la maligne…

Jul a lancé un film pour finir la journée. Et très honnêtement : excellente pioche.

Le casting est fou, les dialogues font mouche… et derrière l’humour, il y a cette petite nostalgie discrète bien dosée.

C’est que le soleil avait décidé de se barrer. Avec orage, tonnerre et pluie. Ambiance dramatique parfaitement adaptée à mon humeur, finalement.

Après ça, tentative de Eat Pray Bark. Je pense que nous avons atteint là une limite cinématographique collective. Même les chiens avaient l’air de regretter leur participation.

Et voilà comment une semaine peut remplir un cœur… puis le laisser redescendre.

Je suis rincée. Par le manque de sommeil, les kilomètres avalés, le soleil, le vent, les émotions, les départs successifs et ce joyeux chaos qu’on appelle “les vacances en famille”.

Mais au milieu de cette fatigue immense, il reste surtout les rires.
Les vélos dans les marais.
Les huîtres.
Les couchers de soleil.
Les discussions.
Les présences.

Et finalement, c’est peut-être ça le problème : revenir après avoir été si heureuse.

Bref.
On repart quand ?

Je vous embrasse fort.

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