Quand tu vis en apnée, il arrive toujours un moment où tu t’étouffes, c’est inévitable. Je ne sais pas quand j’ai arrêté de respirer complètement, mais il faut bien se rendre à l’évidence, je me suis asphyxiée. C’est malin ! ça ne se fait pas de raconter la fin dès le début du film. C’est vrai, mais quand on respire plus on a plus le cerveau bien irrigué.
Lundi
En même temps ça n’avait pas vraiment bien commencé. J’étais chargé de rapporter les clefs du camion au supermarché du coin. Jul ne m’avait pas donné de consignes particulières et me voilà à 10h devant le comptoir du supermarché. Et là… Je me fais incendier par un espece de roquet parce que le camion devait repartir tôt le matin et que je ramenais les clefs bien trop tard. Qu’elle avait laissé des messages à un monsieur (Jul ne garde pas son tél. pour travailler) et qu’il avait signé le contrat et qu’on avait reçu le contrat par mail. Et que ça allait me coûter une journée supplémentaire, etc., etc. Et que… Et que… Bref, pour une fois, je ne suis pas restée sidérer par la tempête. J’ai répondu calmement et courtoisement aux aboiements. Mais j’ai répondu. L’état des lieux devait se faire avec la responsable. Celle-ci a été beaucoup plus sociable. J’ai expliqué que je n’avais pas l’info de l’heure de retour (ce n’est pourtant vraiment pas le type d’info que Jul aurai pu zappé) que je n’avais pas eu le contrat par mail non plus… Bref, de retour dans le magasin, le règlement c’est fait dans le calme (au prix fixé, évidemment). Le roquet a continué à aboyer, mais la responsable l’a fait rapidement taire. Je pense que ce n’était pas la première fois que ça brassait entre elles.
Je suis sortie de là, plutôt fière de moi. Je ne me suis pas écrasée, je ne me suis pas laissé faire, pas de sidération, ma psychologue et J vont être contentes. Bon, évidemment la suite n’a pas été simple. J’ai été ébranlé. Ne plus être impacté ? Le niveau suivant.

Pour me remettre de mes émotions, ça tombait bien, j’avais rendez-vous avec Absolut’beauté pour reprendre mes ongles de pieds. La pauvre A a dû absorber toutes ces énergies négatives. C’est fou comme la vie est faite de vases communicants. On se charge d’un côté, on se décharge d’un autre. Je m’étais pourtant dit en arrivant que je n’allais pas lui transmettre mon bordel. Je vais essayer de faire mieux la prochaine fois. Peut-on fait un trou dans la forêt pour y enfouir tout le négatif ? Ça marche ça ?

Ah ben, ça faisait longtemps !

Comme nous avons perdu plus de 20°C en 48h, la sensation de froid s’est vite installée, comme l’arrivée soudaine de l’automne. Une tasse de thé pour se réchauffer.

Remplissage de frigo, il n’y avait plus de croquettes ni pour chats ni pour humains. On est pas allé au supermarché du coin… Pas envie de voir la tête du roquet.

Mes ongles de pieds donc. C’est fou comme ces 10 petites touches de rouges m’apportent un début de féminité. J’ai très envie de faire les mains aussi… Et de m’habiller mieux… Je n’ai pas encore réussi à passer ces autres caps.

Un peu de beauté dans ce monde de brute. Les belles de nuit de mon jardin font toujours la blague lors des fins d’été.

Et Jul s’est occupé des assiettes.

Passage des enfants. Moments doux du soir.


Mardi
Dés le matin au travail.

Le résumé de la semaine dernière.

Je suis juste sortie chercher mes précieuses drogues à la pharmacie. Des feuilles mortes comme au mois de novembre. Les platanes n’aiment pas les canicules.

Passage chez le véto pour l’insuline d’Hardés. Et voilà toute la poésie de ma semaine.

Une journée tellement longue… Avec un mal de tête comme je n’en avais pas eu depuis longtemps.

Jul avait un problème de phare sur sa moto. Raph en mécano spécialisé.



Enfin un peu de soulagement, mais pas bonne à grand-chose du coup.

Mercredi
Clan des Blondes.

Et leurs gestes. Ma seule recherche artistique la semaine.





Jul travaille dur avec sa kiné pour améliorer l’état de ses épaules et de ses genoux. C’est bien la première fois de sa vie qu’il touche ses pieds. Il est très très fier.

Soirée sur un projet secret.

Sous un ciel d’apocalypse.




Et cette poésie apprise enfant, qui revient d’un coup d’un seul. J’étais persuadé qu’elle était de Prévert. Mais en fait pas du tout. Comme quoi les souvenirs peuvent vivre leur propre vie.

Jeudi
J’ai été assidue.

Trés assidue.

BB est passé boire un café. Il est reparti avec les palettes qui traînaient devant la maison. Quel soulagement ! Merci ! Je ne pouvais plus les voir en pointure.

En fin de journée, H e F sont passé dans la rue avec leur adorable cocker. On ne s’était pas vu depuis longtemps. On a parlé sur le chemin d’un trottoir à l’autre. C’était décousu, mais c’était déjà ça au moins.

Nous avions RDV chez Raph et Emmy pour diner.

Raph nous a fait visiter ce qu’il appelle son « garage ». C’est une pièce qu’ils n’utilisent pas et où Raph stocke tout son bordel. Il a rangé, on pouvait rentrer dans le garage une première !

On avait apporté le dessert.

Et nous avons eu une grande discussion sur le réglage des VMS. Vaste sujet n’est-ce pas ? Celle de ma salle de bain dure, dure et dure encore. Raph et Jul me soutenaient que dix petites minutes ce n’était pas la mer à boire… Plus de 20 min de soufflerie au moment de dormir, je peux vous assurer que ça ne me berce pas du tout. Paraît que c’est réglable. On attend quoi alors ? Oui je sais, on est vraiment pas sur un sujet de haute voltige.

Vendredi
Toujours et encore… Et avec mise à jour en plus. Faudrait pas que ce soit trop simple.

Et hop dans le métro direction le quai 9-3/4. Je vais avoir pas mal de dates ce mois-ci.

Retour dans le soir. Que cette voiture semble immense !

Le chat et Alice sont bien arrivés à Paris avec leur chargement. Je me dis que passer plus régulièrement du temps dans la capitale pendant les trois ans à venir va être sympa.

Crémaillère chez un des membres de la Rue qui n’est pas vraiment dans la rue. C’était sympa mais j’avoue que j’étais au bout de mes ressources et je ne suis pas rester tard.


Ma tête de cette fin de journée… Je me suis longtemps demandé si je monterai cette photo… On est d’accord qu’elle n’a aucun intérêt artistique et qu’elle va faire peur à ma mère… Mais je me suis dit aussi que c’était la réalité et que le but était de faire mieux. Beaucoup mieux… L’espoir fait vivre non ?

Samedi
Quelques heures d’un sommeil lourd. Des trucs de samedi matin. Et hop, faut y retourner. Vous avez remarqué le tee-shirt orange, le chat orange, le fauteuil jaune. L’harmonie des couleurs.

Et le quai 9-3/4. Heureusement assez calme pour que je puisse avancer sur le reste.
Sauf qu’en parallèle, les différents groupes auxquels j’appartiens (comme nous tous) se sont tous activités en même temps. Il fallait réfléchir, prendre des décisions (et pas que pour moi) et passer du coq à l’âne. Revenir, repartir, reprendre le cours de ma pensée. Choisir, trancher, planifier. Il est arrivé un moment où je me suis retrouvé tellement engluer dans tous ces trucs, que je n’en pouvais plus. J’ai éteint volontairement (oui moi j’ai éteint ! ) C’est trop ! bien trop !. Et l’angoisse est montée. Si haut, si fort. Et il fallait continuer à travailler, à faire bonne figure dans le quai 9-3/4, à avancer. Mais aussi continuer à répondre au flux, si je lâchais un canal, ça arrivait par ailleurs… J’ai cru que j’allais exploser. Maintenant, tout de suite.
Et encore aujourd’hui, les jours après, je tressaille quand un message arrive. J’ai tout mis en sourdine pour ne pas devenir folle (enfin plus folle que je le suis vraiment). Je vais sûrement louper des trucs importants, me faire rappeler à l’ordre, mais ce n’est pas possible autrement. C’est fou quand même pour quelqu’un dont c’est le métier ne plus plus arrivé à communiquer.

Arrivée à la maison presque sur les genoux. Jul s’est vite endormi alors j’ai erré de chaîne en chaîne… Et puis, j’ai décidé que Fort Boyert c’était peut-être quand même tomber bien bas. Alors, j’ai filé au lit.

Dimanche
Il a du sentir un truc… Alors il est monté sur mes genoux.

Sa douceur n’a pas suffit.

Alice nous a fait faire le tour de son appartement. Ils vont être bien.

Jul a essayé de me faire rire. Pas simple, je m’étais levé tard et je traînais encore comme après un lendemain de cuite. Je ne sais pas ce que j’ai fait (ou pas fait) pour que tout se dérègle comme ça. Je suis OK que tout l’été a été sur la tangente, mais là, on est vraiment dans le naufrage loin des côtes.

Alors j’ai échoué dans le hamac en essayant de lire et je me suis endormie encore…

Jul lui a bricolé. Il fait les 2 tables basses dont nous avions parlé depuis la fin des travaux. Elles ne sont pas encore mises en place. Ça ne serait tarder. On est plus à quelques semaines près.

Quand c’est pas l’un, c’est un autre.


Film du soir. Pas peut-être le plus efficace de remonté le moral. Mais j’ai bien aimé. Au moins un truc pertinent même si c’est un film dur et anxiogène. De toute façon pas de panique, j’ai plus aucune empathie donc tout me glisse dessus.

Et voilà comment se termine cette semaine. Un fiasco ? Un bordel ? Un torrent de larmes ? Une surchauffe ? Un effondrement ?
Je ne sais vraiment pas comment j’en suis arrivé là.
Et puis après tout peut-être que je n’y suis pour rien ? Que c’est juste dans l’air du temps.
Parce qu’après tout je n’ai pas pris de risque, je n’ai pas modifié les très fameuses « routines », j’ai été vigilante sur mes prises de médicaments et mon sommeil, j’ai travaillé, fait du sport, vu mes amis. Alors quoi ? Elle vient d’où la couille dans le potage ?
Je vous laisse répondre à la question, vous avez 4 heures. La bise.
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